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Evocation

BELLE BOUGEOTTE 13 novembre 2015

L’homme bouge… il n’a pas le choix…

Parce qu’il n’est pas végétal, il ne doit sa survie qu’au mouvement  perpétuel…  chasser, cueillir, s’abriter…

Puis il socialise… se grouper, se familler, se tribuer…

Puis il idéalise… défendre son territoire, poursuivre une quête, évangéliser…

Puis il se syndicalise… et gagne : vacancer, voyager, bouger…

 

Ambitieux et plein de rêves, il use de tout son talent pour imaginer les artefacts qui vont le porter bien au-delà des capacités que lui offre son frêle petit corps…

Alors forcément… il dessine…

Et s’il dessine… il veut dessiner beau…

Beau comme la Nina, la Pinta, la Santa-Maria de Colomb… coquilles courtes et  pansues mais rassurantes comme le giron de la mère…

Beau comme le Concorde… André Turcat aux commandes… minimal, effilé, élégant pour une époque toute en ambition,  en efficacité maximale... une époque de l’homme-roi, du progrès-roi… une époque d’imagination débordante stimulée par une confiance aveugle en l’avenir…

Beau comme le vélo qui se redépouille après ses mille avatars de la draisienne au VTT… pour revenir à l’acrobatique pignon fixe, réduit à l’essentiel comme un manifeste coloré.

Beau comme l’ A110 , la  Berlinette de Jean Rédélé, comme la Catheram, l’ancienne Lotus Seven de Colin Chapman… toujours plus légères, plus rapides, plus joueuses et leurs sœurs de plaisir, les Aston qui donnent à James cette ineffable excitation…

Beau comme le cheval à bascule des premières illusions, bercement docile, porteur de chevauchées sans fin…

Beau comme la noble Ducati,  la plus épurée, la plus audacieuse, qui révèle à  Casey Stoner ses entrailles avec la sensualité de celle qui n’a rien à cacher…

Beau enfin comme le pied qui foule le sol dans sa nudité première…

-MH-

 Crédits photos MH...