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L'oeil

PATRIMOINE: LE CAS D'ECOLE 12 janvier 2014

Entre Histoire et Révélations : Le lycée MARQUETTE à PONT à MOUSSON par Christian LAROCHE

   Humanisme et Réforme protestante sont aux origines de l’Université de Pont-à-Mousson, il fallait en Lorraine un centre intellectuel capable de faire rayonner l’esprit du catholicisme. La Renaissance fut lente et tardive : on y manquait cruellement de bons médecins et de talentueux juristes.
Le cardinal Charles de Lorraine, réclamait la création d’un collège jésuite, véritable «base noire» de la Contre-Réforme en pays touché par l’hérésie. Charles III, duc de Lorraine, offrait la petite ville de Pont-à-Mousson pour sa position géographique, entre Metz et Nancy, à la limite des mondes français et germaniques, catholiques et luthériens, un bastion sur la frontière de catholicité.

   Première reconstruction en 1920 pour les bâtiments partiellement détruits pendant la grande guerre, seconde reconstruction après  1944, autour de la cour d’honneur dont la façade est reproduite à l’identique en 1957. 

Les façades de Marquette rappellent cette longue histoire

A l’issue de cette reconstruction l’édifice présente une dualité d’image, avec  une façade inscrite, visage de l’université initiale et une façade « moderne », visage de la reconstruction de 1957: briques, encadrement de baies en béton blanc, décomposition en lignes horizontales marquées par des auvents en béton et en lignes verticales soulignées par des poteaux également en béton à l’extérieur.

L’architecte chargé de sa rénovation se trouve confronté à son histoire et à sa situation à côté de l’Abbaye des Prémontrés du XVIIIe siècle. L’insertion se fera-t-elle par imitation ? par dissimulation ? ou plutôt par révélation ?

Après analyse historique, c’est sur les traces de l’Université initiale que s’implanteront les nouveaux bâtiments et les caractéristiques de l’architecture de 1957 seront interprétées afin de révéler ses qualités plastiques et la rigueur de sa composition.

Ainsi , les auvents BA sont réinterprétés en brise- soleils métalliques maintenus par des bracons thermolaqués et les poteaux trapézoïdaux sont  mis en valeur en les détachant de la façade.

Les verticales, enfin, sont affirmées par les épines support du revêtement zinc des nouvelles façades.

Le travail d’architecture, dans un contexte historique imposé, tient de la fouille archéologique  pour re-connaitre et comprendre. Il tient aussi de la provocation Lacanienne pour faire surgir, d’abord dans l’imaginaire du concepteur puis dans celui de l’observateur, un choc émotionnel et intellectuel qui entraine son esprit au-delà de l’image perçue, vers la synthèse subliminale, dans un voyage au fond et peut être au-delà de sa culture.

SOULAGE parle, dans ses entretiens,  de cette relation peintre/ tableau /observateur  qui permet à ce dernier de découvrir à travers le tableau quelque chose de lui-même qu’il ne connait pas encore.

CL